Qwant : de la différence entre technologie et marketing.

S’attaquer à la réalisation d’un moteur de recherche, ça paraît aujourd’hui aberrant, tant Google domine ce marché et particulièrement en Europe de l’Ouest. Ainsi, même le petit Bing, réalisé par une obscure compagnie basée à Redmond Washington USA et spécialisée dans les logiciels de fenêtres, fait figure de nain en terme de part de marché.

Alors même que ce petit Bing est installé en standard sur 90% des ordinateurs vendus sur le vieux continent…90% des gens ne l’utilisent pas. C’est ce que j’appelle la règle du 180 dans ta face. Ne cherchez pas, il n’y a que moi qui utilise l’expression.

Alors, quand, sorti de nulle part, et sans crier gare, apparait sur la toile un nouvel acteur dans le moteur de recherche, que beaucoup de médias ont rapidement qualifié de Google Killer, j’ai eu le sentiment, telle la belle au bois dormant – mais en plus poilu- d’avoir ronflé un bon moment.

Les premiers retours sont en effet unanimes : pertinence des résultats, pas de bugs alors que c’est une bêta…Ils sont forts ces français !

Eh oui ! C’est la cerise sur le camembert le petit nouveau qui répond au doux nom de Qwant est français. 2 ans de recherche développement dans le plus grand secret. Voilà qui va fermer le claque-merde de tous ces pisse-froid.

Les grands médias se sont donc engouffrés dans cette belle histoire jusqu’à ce que….

Bing ! (ou devrais-je dire Qwant ?) la belle histoire qu’on nous a conté, se casse un tant soit peu la binette.

Explication : aucun des éléments qui composent la recherche de Qwant n’a été réalisé par les concepteurs de Qwant, tout est ici reprise de la technologie de Bing pour la recherche web et actualité, Amazon pour l’univers marchand, kurrently.com pour le volet social…sans oublier le knowledge graph qui est du wikipedia pur jus. Tout ceci n’est donc que vulgaires API configurables en une heure sur votre petit blog par tonton Jean Claude (celui qui s’y connait en programmation, il est programmateur qu’on vous dit)

Pour les détails techniques, je vous renvoie au travail de Lucien Théodore qui, sur son blog, vous dira tout, y compris les prix des API utilisées : https://lucientheodore.wordpress.com/2013/02/16/qwant-derriere-le-masque-du-google-killer-francais/

A signaler que ses arguments sont eux-mêmes critiqués ici :
http://www.laurentbourrelly.com/blog/1354.php

Je n’ai malheureusement pas personnellement convaincu par ces contre-arguments qui sont plus des promesses futures qu’un constat honnête sur l’état du « Moteur Qwant ». J’ai comparé qwant et kurrently par exemple, quoi qu’on dise les résultats sont strictement identiques dans les 2 dans un ordre légèrement différent.

L’argumentaire sur le knowledge graph…m’enfin je vous laisse juge !

Alors Qwant Kesako ?

Si on est gentil, on dira que c’est un joli coup marketing, qui comme tous les coups retombera bien vite…mais peut être nous feront-ils le coup du 2ème étage de la fusée, qui permet de refaire 3 mois après, un deuxième coup de buzz, que je qualifie moi-même de 2ème effet fuck-cool.

Et si on est méchant…on dira que c’est une XXXXXXXXXXXXXXXX

Mais ici on est pas méchant. Donc longue vie à Qwant !

Kénavo les gens.

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